Le yoga est souvent associé à la douceur, à la respiration et au bien-être. Pourtant, comme toute activité physique, la manière dont les exercices sont réalisés compte. Yoga et périnée peuvent faire bon ménage.
Certaines postures ou certains mouvements peuvent augmenter la pression exercée à l’intérieur de l’abdomen. Lorsque cette pression est mal gérée, notamment en bloquant la respiration ou en poussant vers le bas, elle peut solliciter davantage le périnée.
Cela ne signifie évidemment pas que le yoga est mauvais pour le périnée. Bien au contraire : un yoga adapté peut contribuer à une meilleure conscience corporelle et intégrer le travail du périnée dans le mouvement et la respiration.
C’est notamment l’une des préoccupations centrales de l’approche développée par le Dr Bernadette de Gasquet, médecin et professeure de yoga.
À Yoga Mouvement et Équilibre, nous souhaitons faire connaître cette vision d’un yoga qui ne cherche pas la performance à tout prix, mais qui place la connaissance du corps et la santé au cœur de la pratique.

Le périnée, un ensemble de muscles essentiel
Le périnée est constitué d’un ensemble de muscles et de tissus situés à la base du bassin. Il participe notamment au soutien des organes pelviens et à la continence.
On pense souvent au périnée uniquement après une grossesse ou en cas de fuites urinaires. Pourtant, il concerne tout le monde, femmes comme hommes, et à tous les âges.
Le périnée fait partie intégrante de notre système de gestion des pressions. Il travaille notamment en relation avec le diaphragme et les muscles abdominaux.
C’est pourquoi la façon dont nous respirons et réalisons un effort peut avoir une importance particulière.
Les travaux et l’approche de Bernadette de Gasquet accordent justement une place importante à cette relation entre périnée, respiration, posture et mouvement.
Yoga et périnée, pourquoi certains exercices peuvent-ils poser problème ?
Lors d’un effort, la pression à l’intérieur de l’abdomen peut augmenter.
Cette augmentation de pression n’est pas forcément problématique : elle fait naturellement partie de nombreux mouvements et efforts physiques.
La question est plutôt de savoir comment cette pression est gérée et où elle est dirigée.
Certaines façons de réaliser des exercices peuvent notamment s’accompagner d’une poussée vers le bas. Lorsque cela se répète, et particulièrement chez une personne présentant déjà une fragilité du plancher pelvien, cela peut contribuer à faire apparaître ou à aggraver certains symptômes.
L’Assurance Maladie rappelle ainsi que certaines activités sportives provoquant des sollicitations répétées du périnée ou des à-coups peuvent révéler une fragilité et entraîner l’apparition de fuites urinaires. Elle cite notamment la course à pied, les sauts, la musculation, le tennis, le trampoline, le CrossFit ou encore certaines activités comme le Pilates et la zumba.
Le problème n’est donc pas nécessairement l’activité elle-même, mais la manière dont elle est pratiquée et la capacité de chacun à la supporter.
Et le yoga dans tout ça ?
C’est une question particulièrement intéressante.
Le yoga est généralement considéré comme une activité douce. Pourtant, certaines postures peuvent demander un effort important : gainage, équilibre, flexions, extensions, transitions ou maintien prolongé d’une position.
Une posture peut donc être parfaitement adaptée à une personne et beaucoup moins à une autre.
De plus, une même posture peut être réalisée de manière très différente selon le placement du corps et la respiration.
C’est précisément là que l’enseignement prend toute son importance.
L’Institut de Gasquet explique que son approche du yoga accorde une attention particulière à l’augmentation de la pression abdominale afin de protéger notamment le périnée et le dos. Le travail du périnée est associé à la respiration dans les différentes postures.
La méthode de Gasquet : « Péri, Expi, Grandi »
L’approche développée par le Dr Bernadette de Gasquet, appelée Approche Posturo-Respiratoire (APOR), associe posture et respiration.
L’Institut de Gasquet résume notamment cette approche autour de trois principes :
- PÉRI : Le placement du bassin et le travail du périnée constituent le premier élément.
- EXPI : L’expiration accompagne l’effort. L’objectif est notamment d’éviter une poussée vers le bas.
- GRANDI : L’auto-grandissement cherche à allonger la colonne et à éloigner la ligne des épaules de celle du bassin.
Ces trois principes ne constituent pas simplement une manière de réaliser quelques exercices de périnée. Ils sont destinés à être intégrés dans le mouvement et dans les exercices physiques.

Respirer plutôt que pousser
C’est probablement l’un des messages les plus importants de cette approche.
Lorsqu’un effort devient difficile, nous avons naturellement tendance à bloquer notre respiration ou à pousser.
Or, l’Institut de Gasquet insiste sur l’importance de commencer l’effort par l’expiration et d’être vigilant à ne pas effectuer de poussée.
Cela peut sembler très simple, mais cela change profondément la manière d’aborder un exercice.
L’objectif est de rechercher :
placement → expiration → effort → auto-grandissement
Cette attention portée à la respiration permet de mieux coordonner les différents éléments du corps pendant l’effort.
Les abdominaux : un exemple particulièrement parlant

L’exemple des abdominaux permet de comprendre pourquoi la technique est importante.
Les crunchs, très longtemps présentés comme l’exercice classique pour renforcer les abdominaux, font l’objet de nombreuses critiques dans l’approche de Gasquet.
Selon l’Institut de Gasquet, lorsqu’un crunch est réalisé sans respecter le placement, la respiration et l’auto-grandissement, il peut entraîner une poussée vers le périnée. L’Institut explique également que le mouvement du diaphragme vers le bas lors du relevé du buste contribue à cette pression.
Cela ne signifie pas que tous les exercices abdominaux sont à bannir.
La méthode de Gasquet propose au contraire une autre manière de renforcer la sangle abdominale, en recherchant notamment l’allongement de la colonne, l’expiration et un travail mieux coordonné avec le périnée.
C’est une distinction essentielle :
il ne s’agit pas de ne plus faire de sport, mais d’apprendre à mieux faire les mouvements.
Illustration : Périnée arrêtez le massacre (Poche 2025), de Bernadette de Gasquet | Marabout
Peut-on alors faire du yoga quand on a une fragilité du périnée ?
Dans de nombreux cas, une pratique physique peut être adaptée plutôt que simplement supprimée.
Mais il n’existe pas une réponse identique pour tout le monde.
Une personne ayant des fuites urinaires, une sensation de pesanteur pelvienne, une douleur, une descente d’organes ou des symptômes apparus après une grossesse ou une intervention doit pouvoir bénéficier d’un avis professionnel adapté.
L’Assurance Maladie recommande notamment de demander l’avis de son médecin pour déterminer quelles activités sont adaptées en cas de fragilité du périnée.
Un professeur correctement formé pourra ensuite adapter les exercices, leur intensité, les positions et la respiration.
L’objectif n’est pas de renoncer au mouvement, mais de trouver la manière de bouger qui respecte son corps.
Un yoga respectueux du corps est possible
C’est précisément la vision que souhaite défendre Yoga Mouvement et Équilibre.
Nous ne pensons pas que le yoga doive être considéré comme une activité sans risque simplement parce qu’il est associé au bien-être.
Nous ne pensons pas non plus qu’il faille avoir peur du mouvement.
Entre ces deux extrêmes existe une troisième voie : mieux connaître son corps pour mieux bouger.
Un yoga orienté santé peut intégrer la respiration, le placement, l’auto-grandissement, la mobilité, le renforcement et l’équilibre tout en tenant compte des capacités de chaque personne.
L’Institut de Gasquet présente d’ailleurs son approche comme un yoga accessible aux débutants comme aux pratiquants expérimentés, avec une attention portée à la protection du dos et du périnée.
Une vision du yoga que nous souhaitons faire découvrir à Andernos
À Yoga Mouvement et Équilibre, notre objectif n’est pas de remplacer les enseignants de yoga ni les professionnels de santé.
Notre rôle est de faire connaître différentes approches du yoga orientées vers la santé, et de permettre au public de découvrir des enseignants qui partagent cette philosophie.
La méthode de Gasquet en est une illustration particulièrement forte : elle montre qu’il est possible de pratiquer le yoga avec une attention particulière portée à la biomécanique, à la respiration et au respect du périnée.
C’est cette approche raisonnée du mouvement que nous souhaitons promouvoir à Andernos-les-Bains et sur le Bassin d’Arcachon.
À retenir
Le yoga n’est pas mauvais pour le périnée.
Mais comme toute activité physique, il doit être pratiqué avec une technique adaptée et tenir compte des capacités de chacun.
Quelques principes essentiels peuvent faire une grande différence :
- ne pas rechercher la performance à tout prix ;
- ne pas bloquer systématiquement sa respiration pendant l’effort ;
- être attentif aux sensations corporelles ;
- éviter de pousser vers le bas ;
- adapter les postures à ses capacités ;
- demander un avis professionnel en cas de symptômes ou de fragilité connue ;
- privilégier un enseignement qui prend en compte la respiration, le placement et la biomécanique.
Bouger reste essentiel. Apprendre à mieux bouger l’est tout autant.
Pour aller plus loin
Bernadette de Gasquet
Le Dr Bernadette de Gasquet est médecin et professeure de yoga. Son travail associe approche corporelle, connaissances médicales et pratique du yoga. L’Institut de Gasquet présente aujourd’hui cette approche sous le nom d’Approche Posturo-Respiratoire (APOR).
Quelques ouvrages

Périnée, arrêtez le massacre !, de Bernadette de Gasquet, est consacré à la compréhension et à la préservation du périnée.
Abdominaux, arrêtez le massacre !, dont une nouvelle édition est parue en avril 2026, explique notamment comment renforcer les abdominaux tout en préservant le dos et le périnée.
Ce que le périnée dit de notre vécu, paru chez Albin Michel en 2024, revient notamment sur le rôle du périnée et sur les facteurs susceptibles de le mettre à mal, parmi lesquels la sédentarité, certains sports et la grossesse.
Sources
- Institut de Gasquet – La méthode / Approche Posturo-Respiratoire (APOR)
- Institut de Gasquet – Cours Yoga pour tous
- Institut de Gasquet – Histoire et travaux de Bernadette de Gasquet
- Assurance Maladie – Prévenir l’incontinence urinaire
- Assurance Maladie – Mécanismes, fréquence et causes de l’incontinence urinaire
- Hachette / Marabout – Abdominaux, arrêtez le massacre !, édition 2026
- Albin Michel – Ce que le périnée dit de notre vécu
